ABÎMES








Entrer dans une image
ABÎMES ne se regarde pas de face : on y entre. Des voiles de tulle pendent à différentes hauteurs, respirent au moindre courant d’air, et reçoivent des vues prises sous la surface de la mer. Chaque voile n’en retient qu’une part ; le reste continue sa route derrière, plus faible, plus tard.
Ce qui m’intéresse, c’est cette perte progressive. L’image arrive entière au premier plan et sort transformée du dernier. Entre les deux, il y a les plis du tissu, l’air, et les ombres de ceux qui marchent. Le visiteur n’est plus à distance : il devient une des épaisseurs.
Filmer par en dessous
Les vues projetées viennent de mes plongées. Je ne cherche pas à cadrer un paysage marin ; je cherche des états : le plafond mouvant que forme la surface vue d’en bas, les particules en suspension, la densité qui change avec la profondeur, les formes sans nom que l’eau compose seule.
Je vis en Bretagne et je surfe ; ma relation à la mer passe d’abord par le corps. C’est cette mémoire-là que j’essaie de rendre : pas la ressemblance, mais l’instant où l’on bascule sous la ligne d’eau et où tout — la lumière, les gestes, le son — change de règle.
Ce que le titre contient
Abîmes dit la profondeur. Le mot porte aussi l’abyme, cette figure où une image se répète en se réduisant, exactement ce que fabriquent les voiles successifs. Et il contient un verbe : abîmer.
Je ne veux pas d’un propos écologique posé par-dessus les images comme un commentaire. Si la pièce a une charge critique, elle doit se loger dans la sensation : une matière qui se dégrade à l’image, un mouvement qui se dérègle, une beauté qui devient inconfortable.
Une forme encore ouverte
Le projet tient pour l’instant entre trois choses : une installation, un film déplié dans l’espace, un environnement de lumière. Je n’ai arrêté ni l’échelle, ni la durée, ni la façon dont le public circule pendant que les images avancent.
Ce que montrent ces images, c’est un premier état : quelques voiles, un projecteur et des vues sous-marines ont commencé à fabriquer un lieu. La suite dépendra d’un espace réel et des personnes avec qui je le traverserai.
Crédits
- Création
- Aurélien Lafargue
- Dispositif
- Lés de tulle suspendus, vidéoprojection, images sous-marines
- Statut
- Installation en développement — prototype
État actuel
- En coursPrototype et images sous-marines
- En coursÉcriture sonore spatialisée
- À explorerÉchelle, durée, parcours du public








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- Statut
- Disponible pour diffusion

